Autant en emporte la vie-Chap.1er-page -13-

 

 

   

Autant en emporte la vie 

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Mon premier amour

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Chapitre -1-

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Page -13-

 

 

Ma mère ne mît pas longtemps à me faire préparer ma valise. Elle me conduisit au train et ne se retourna même pas lorsque celui-ci s'ébranla. Elle détala comme si elle avait le diable aux trousses!... Ma mère ne m'aimait pas et je n'en connaissais pas la raison?

Le train roulait et roulaient avec lui mes pensées. Pourquoi? Pourquoi tant de méchanceté envers moi?...

Ce fût l'arrêt du train qui me signifia qu j'étais, pour la première partie du voyage, à destination. Tante Odile m'attendait sur le quai et me faisait de grands signes de bienvenue. Ça me faisait chaud au cœur d'être accueillis avec tant de chaleur. Cela ma changeait de ma mère. Heureuse, elle me prit dans ses bras et me serra à m'étouffer puis, elle me prit ma valise et nous terminâmes le reste du voyage en bavardant. Je lui confiait ma situation et tout ce qu'il m'était arrivé et ce, depuis le viol de mon frère. Je ne lui cachais rien des agissements de ma marâtre de mère. Tante odile était dans tous ses états. Comment! Traiter son propre enfant de cette manière?! Elle  me prit dans ses bras et se promit de me choyer et de me dorloter jusqu'à ce que le bébé vienne au monde et même après. Elle ne voulait pas que je reparte pour subir les moqueries des mes sœurs et les méchancetés de sa belle sœur. J'étais tellement heureuse d'avoir trouvé de l'affection et une alliée en la personne de tante Odile que le reste de ma grossesse se passa le mieux du monde.

Lorsque mon bébé vînt au monde, le même scénario se reproduisit. On m’enleva ma petite fille sans que je puisse avoir droit au chapitre. Je ne pus, ni la tenir dans mes bras, ni voir si elle avait les traits de son père et encore moins l’embrasser. J’étais une bête qui avait mise bas…

Je su, par la suite, que ma tante avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour fléchir ma mère en se proposant de me garder à demeure avec mon enfant; mais c’était sans compter  sur sa farouche détermination à me faire du mal! Son intransigeance n’eut d’égal que sa cruauté. Son acharnement dépassait de bien loin l’autorité d’une mère vis à vis de sa fille! Je fût au courant bien plus tard, par tante Odile, du sort qui avait été réservé à ma petite fille née, soit disant, de père et de mère inconnu. Ma chère mère devenait coutumière de ce fait et ne semblait pas en ressentir le moindre remords! Pour la seconde fois, elle avait déposé, le bébé dans un autre orphelinat d'une région bien connût de Normandie, dont je tairais le nom par ignorance, assez éloigné de moi et des endroits fréquentés par notre famille, de façon à ce que je ne retrouve pas sa trace s’il me prenait l’envie de rechercher mon bébé: «les bâtards» sont toujours élevés loin des regards trop curieux! Dit Geneviève sur un petit rire narquois…

Pour ma convalescence, je restais de longs mois au Manoir. Je ne voulais pas retourner chez mes parents à cause de ma mère et de mes sœurs. Plus j'étais loin d'elles et mieux Je me portais. Et puis tante Odile était si gentille! Si généreuse! Si tendre avec moi! Nous nous étions prise d'une véritable affection l'une pour l'autre et puis, nous entendions si bien! Je n'avais plus ma mère sur le dos, je n'étais plus la honte de la famille puisque personne ne me  connaissais dans le Sussex. Les terres du domaine étaient assez vastes et tante et moi faisions de grandes promenades, ce qui contribua à  me requinquer Il y avais un grand lac où des cygnes glissaient majestueusement sur l'eau bleu marine. Des canards accompagnés de leur porté s'ébrouaient sur la berge à la sortie du bain quotidien. tout était magnifique et la roseraie était un ravissement pour les yeux et pour l'odorat. Malgré tout, je continuais à penser à ma petite fille et cela me rongeait. 

Ma tante ne savait plus que faire. Les médecins des alentours avaient tous fait le chemin de Manchester jusqu’au au hameau des fleurs où se trouvait le manoir aux roses pour essayer de trouver un remède miracle qui arrêterait l’inflammation de mes seins, la cause en étant mon lait qui ne voulait pas se tarir. Un liquide brunâtre suintait, se mélangeant à ce qui aurait dû nourrir ma petite fille. J'étais fiévreuse et petit à petit, Je déclinais. J’étais à bout de force et de chagrin. Enfin les médecins trouvèrent un remède pour me permettre d'évacuer ce lait  empoisonné et de stopper le processus des montées lactées. Ma tante qui était une femme de cœur redoublait de douceur, faisait preuve de tant de compréhension que ses soins attentifs me permirent, petit à petit, d’émerger de cette léthargie qui m'entraînait inévitablement vers la mort.

Tante Odile accomplit le miracle que nul, à part elle, n’aurait pu réussir. Elle me donna de l’amour et le réconfort d’une mère! Son affection pour moi était tel qu’elle s’en oubliait elle-même…

Je me suis remise de ma descente aux enfers grâce à l’attention  désintéressé de ma chère tante. En même temps qu’elle m’ appris à vivre avec mon chagrin, elle s’est apprise à vivre avec le sien. Cependant, la douleur d’avoir perdu les deux êtres que j’aimais le plus au monde ne s’est pas encore apaisée et la blessure saigne toujours. Ils m’ont marié à un homme que je n’aime pas pour sauvegarder les apparences et pour une vulgaire histoire d’intérêts. Peu leurs importait le reste... Ma mère m’a menée à l'homme comme du vulgaire bétail que l'on mène à l'abattoir...

 

A suivre...

 

 

 


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Dernière mise à jour de cette page le 19/08/2009