Mon premier amour Chap.1er -page -11-

 

   

Autant en emporte la vie 

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit 

 

Mon premier amour

*

Chapitre 1er

*

Page -11-

 

 

Elle décida de nous marier le plus vite possible bien que mon prétendant ne lui convienne pas, et pour cause : elle ne l’avait pas choisi! De plus, il y avait un bébé en route.

William n’eut pas le temps de connaître sa petite fille. Il mourût en mission le 22 Novembre 1941. J’étais alors enceinte de quatre mois et demi. Je n’étais pas, non plus, devenue Madame Campbell. Dès ce moment, je fus le déshonneur de la famille. Mon ventre commençait sérieusement à s’arrondir. Pour dissimuler mon état au voisinage, ma mère me banda elle-même le ventre afin d’être sûre que cela soit bien fait. Inutile de vous dire que chaque jour elle prenait un malin plaisir à renouveler le bandage en prenant bien soin de serrer un maximum de façon à ne rien laisser paraître de ma faute en attendant que l’opportunité de se débarrasser de moi ne se présente.

Sachant magistralement manipuler les gens, ma mère s’arrangea également pour donner le change aux amis et connaissances qui gravitaient autour de nous. Elle annonça à qui voulait l’entendre que mon fiancé était mort au champ d’honneur avec force détails accompagnée d’une mine défaite dont elle avait le secret pour les occasions dont les circonstances exigeaient un faciès et un comportement à la hauteur de l’événement. Sachant fort bien que la nouvelle ferait le tour du village sans qu’elle ait à se fatiguer à rabâcher la sempiternelle histoire de mon amour perdu et de mon chagrin, elle attendait avec une certaine délectation les retombées de la bombe qu’elle avait lâchée dans le village ce qui, d’ailleurs, ne tarderait pas, d’après elle, à faire boomerang … 

La disparition de mon bien aimé m’avait anéantie. J’étais affligée, en pleurs à longueur de journées. Je ne me nourrissais presque pas et je maigrissais à vue d’œil ce qui donnait du poids à sa mythomanie! Mon ventre me faisait horriblement souffrir car elle le comprimait un peu plus chaque fois qu’elle me refaisait les bandages. Son vœu le plus cher, et elle ne s’en cachait pas lorsqu’elle s’occupait de mon état, était que je fasse un avortement spontané! Cela lui éviterait de se démener comme une damnée pour cacher ce qui allait bientôt devenir évident aux yeux de toute la communauté. Quel scandale pour le nom de De Laplace! Il n'était pas question d'envisager ce déshonneur!  Perdre la face pour une De Laplace c'était lapire chose pour ma mère qui pouvait arriver. Je ne savais pas pourquoi elle me détestait autant? Mais je sentait sur moi à chaque fois qu'elle me regardait à la dérobé, ses yeux perçants me paralyser à un tel point que mes membres ne répondaient plus aux ordre que mon cerveau leurs donnait. J'ai, pour ma mère, une aversion depuis ma toute petite enfance. Je ne me sentais pas bien dans ma famille. Je sentait qu'il y avait un lourd secret  dont personne ne parlait à la maison. Ce secret devait me concerner; mais jamais je n'ai osé poser la question à mon père qui aurait pu m'éclairer en cachette de ma mère... Je n'en pouvais plus. Mes sœurs se moquaient de moi sans se cacher. Ma mère, constamment sur le qui vive de peur que les plus jeunes ne sachent tenir leur langue, me supportait de moins en moins au fur et à mesure que les jours s’écoulaient sans qu’elle ait pu trouver une solution acceptable lui permettant de se débarrasser de moi en évitant que cela nuise à la réputation des De Laplace. L’opportunité se présenta sous la forme d’une lettre de notre tante Odile qui habitait dans le Sussex. Cela faisait plus de cinq ans que nous n’avions pas eu de ses nouvelles pourtant, ma tante et son frère avaient toujours été très proches. N’y tenant plus, ma mère voulant avoir la primeur du contenu de cette fameuse lettre, l’arracha si brutalement des mains de mon père, qu’il se retrouva les mains vidées de la précieuse missive déchirée dont un petit bout de l’enveloppe et du billet restait encore entre ses doigts. Las de lutter contre sa mégère de femme, il les lui tendit d’un air résigné, accédant ainsi au désir et à la curiosité malsaine de ma mère. Pauvre papa! Il ne lui avait pas tenu tête bien longtemps… Il était d’une apathie tellement affligeante, humiliante devant elle, que j’en avais honte pour lui…  

A suivre...

 

 


compteur

Autant en emporte la vie - Mariée de force - Chapitre1er - page -11-

Noter cette page

10/10 sur 5 votes

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un message.

Dernière mise à jour de cette page le 19/08/2009