Autant en emporte la vie - Chapitre 1er

 

  

AUTANT EN EMPORTE LA VIE 

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Mariée de force

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Chapitre 1er

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Page -7-

  

Le silence se fit  plus dense  qu'au départ des visiteurs dans la salle de maternité. Une gêne pesante flottait dans l'air, qui n’était plus que le réceptacle de l’horreur dont les autres mères et les infirmières qui donnaient les soins du soir étaient, bien involontairement, témoins. Geneviève, effondrée, vidée de toute énergie, avait le corps secoué de gros sanglots. La sage-femme, honteuse de n’avoir pas su se maîtriser, la regardait, désolée de ce débordement qu’elle venait de provoquer. Le personnel hospitalier, les jeunes mères, tous avaient le regard fixé sur les deux femmes qui ne se rendaient même pas compte de l’effet produit par toutes ces accusations que, en temps ordinaire, l’on tait… Un malaise, lourd de reproches et de questions non formulées, flottait dans l’air devenu irrespirable. Des visages étonnés, courroucés et réprobateurs, accusaient difficilement le coup. Leur mécontentement envers les deux personnes qui s’étaient laissées aller à cette mutuelle explosion de colère était à son comble. Il fallut plus que quelques secondes pour que le cours normal des choses ne reprenne, permettant à la sage-femme de s’excuser de son manque de tact :

 - Mon enfant, pardonnez-moi de vous avoir parlé si brutalement. Je n’en avais pas le droit. Je vous en prie! Pardonnez-moi! Ne m’en veuillez pas de vous avoir ainsi jugé sans connaître votre histoire. Je n’aurais jamais dû m’emporter comme je l’ai fait. Ne m’en tenez pas rigueur. Une vieille femme comme moi a tellement vu d’horreur, ici, dans cet hôpital, que chaque fois qu’un bébé est abandonné, elle s’en veut et ne s’y fait pas. Voulez-vous me conter votre histoire à présent? Je vous promets de vous écouter sans vous interrompre. Après un court instant d’hésitation, Geneviève se laissa aller à soulager son cœur de tant de souffrance accumulée depuis sa toute petite enfance ; mais qui avait pris des proportions incontrôlables à partir du jour où elle avait subit le viol de son propre frère. Ils m’ont tous les deux prise pour une chose dont on peut disposer à sa guise! 

- Il m’a soumise à sa bestialité! Je vis avec cet homme que l’on m’a imposé. Pendant cinq ans, j’ai subi la même humiliation que m’a infligé mon propre frère à mes dix neuf ans. Comprenez-vous à présent ma déchirure?

La sage-femme, pourtant habituée aux drames que vivaient les jeunes femmes qui accouchaient dans la clandestinité, (j’entends par là, les enfants nés de pères ou de mères inconnus) ne s’y faisait décidément pas. Abasourdi par ce qu’elle venait d’entendre, elle ne put faire autrement, au tréfonds d’elle-même, que de bouillir, mais son objectif était le bébé. Rien ne devait entraver la décision finale de la mère. Elle s’obligea à garder son calme en formulant des mots choisis qui devaient faire naître un sentiment de confiance de la jeune femme envers elle.

- Je comprends aisément que vous ne puissiez pas pardonner à votre frère le mal qu’il vous a fait, comme je comprends ce que vous ressentez à l’égard de votre mari, mais ne pouvez-vous faire l’effort de mettre votre vie en retrait pour votre petite fille? Pardonnez à cet homme qui est, malgré tout, votre époux! Geneviève hocha la tête en signe de négation.

 A suivre...  

 

 

 


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Dernière mise à jour de cette page le 14/08/2009