Autant en emporte la vie - Chapitre 1er

 

 

   

Autant en emporte la vie 

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Mariage forcé

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Chapitre 1er

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 Page -10-

 

 

Ma mère, peu soucieuse de l’état psychologique où je me trouvais, s’est fait un malin plaisir de me décrire l’état de l’orphelinat, après que plusieurs explosions n'aient complètement détruit l’aile où les nourrissons dormaient. L’œuvre dévastatrice avait mis définitivement fin au reproche vivant de ma déconvenue. Il ne restait plus rien qui puisse rappeler l’acte dégoûtant que, d’après elle, moi, la dégénérée de fille que j’étais, avait provoqué en détournant un jeune homme saint du droit chemin... Si seulement on m’avait laissé voir cette petite fille au moins une fois? Si j’avais pu la prendre dans mes bras, l’embrasser, sentir son petit corps contre ma poitrine! Peut-être que cela aurait changé beaucoup de choses quand à mon comportement actuel, mais voilà… Ma mère a définitivement tué l’instinct maternel qui aurait pu se développer en moi, au fur et à mesure de la naissance de mes bébés…

Le sept avril 1941, à vingt trois heures, naissait une petite Danièle, le seul bébé que j’ai vraiment désiré de tout mon cœur! De toutes mes forces! Le fruit d’un amour partagé, pur, unique! Ce capitaine de corvette fût le seul homme qui ait vraiment compté dans ma vie… Et même là, le destin s’est chargé de nous séparer. Les horreurs de la guerre, ma mère, les sacraux saints honneurs de la famille, tout ce que vous pouvez imaginer, s’est ligué contre nous afin que jamais nous ne soyons l’un à l’autre longtemps. La guerre! S’il n'y avait eu que la guerre pour nous séparer! Mais même là, cette mère que je hais s’en est mêlée et m’a arraché ma petite fille, mon bébé! Le fruit d’un amour partagé et le tendre souvenir de mon William! Après la naissance de ma petite Danielle privée de la présence de celui que j’aimais, je ressentais le besoin impératif de donner à ma petite fille cet amour tout neuf qui n'avait, pour ainsi dire, que très peu servi et à travers lequel je retrouvais la sensation de réconfort et de besoin d’aimer, de me donner qui me rendait si heureuse lorsqu’il était là. A partir de cette dernière vacherie, mon cœur s’est desséché, tari. Il n'y a plus eu de place pour d’autres sentiments que cette haine qui me force à vivre pour assouvir une vengeance dont je n'ai pas encore trouvé la façon de l’accomplir…

La sage-femme écoutait, médusée. Elle s’était ravisée et avait repris la chaise qu’elle venait de quitter. Geneviève ne semblait plus vouloir s’arrêter de parler. Perdue dans le passé de son histoire, elle ne faisait pas attention à ce qui se passait autour d’elle et continuait son monologue.

- Je devais m’enfuir avec lui, mais la guerre en a décidé autrement. Quand ma mère sue que j’attendais un enfant de ce jeune anglais, que nous nous aimions et que nous avions décidé de fuir ensemble, animée d’une colère folle elle me traita de putain. Mon père lui, accusa le coup comme à son habitude, mais ne se mêla de rien, ne voulant pas s’attirer les foudres de sa femme dont il connaissait trop bien le caractère… Cela faisait longtemps qu’il avait pris le parti de la laisser mener le jeu selon son bon plaisir! Pour avoir la paix, il la laissait s’occuper de tout… Elle s’occupa de moi comme du reste! Elle exigea de celui que j’aimais qu’il fasse sa demande en bonne et due forme afin de respecter les convenances. Elle décida de nous marier le plus vite possible bien que mon prétendant ne lui convienne pas, et pour cause : elle ne l’avait pas choisi! De plus, il y avait un bébé en route.

 

A suivre...

 

 

 

  

 


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Dernière mise à jour de cette page le 19/08/2009