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Chapitre -2-
Le complot *
Page -9-
- Tu n'es qu'un bouseux! Lui lança-t-elle d'un air écoeuré. Tu attends que je capitule? Tu peux toujours courir! Je vais te faire regretter ce mariage dont je ne voulais pas! Je ne t'aime pas! Tu as compris? Tu vas avoir du fil à retordre avec moi! Ca je te le promets! - Tais toi femme! - D'abords, je n'accepte pas que tu m'invectives de cette manière! Je ne suis pas ta mère, moi, et tu ne m'intimides pas! Tu veux me faire taire? Jamais! - "M'invective"? Qué qu'c'est qu'ce mot encore? C'est vrai qu'toi, t'aim's les grand mots! Madâme aim'les grands mots! Madâme est cultivée! - Oui, et toi tu ne l'es pas! Il faut se lever de bonne heure! Analphabète! Ignorant! Inculte! - Où tu te tais, où j’te fil' une baigne! Fit Robert hors de lui; mais Geneviève ne lâcha pas prise et rétorqua:
- Essaie pour voir! Si tu croies que tu me fais peur! Je vais crier et ameuter tout le quartier et tu finiras au poste de police comme d’habitude!
Les bagarres continuaient jusqu’à l’arrivée du fourgon de police que, bien entendu, les voisins avaient appelé. Geneviève, dans ces moments là, se trouvait en position de force. Elle savait mettre à profit les coups qu’elle avait encaissés. Ses ecchymoses attestaient de ce qu’elle venait de subir. Morte de peur, elle se plaignait, gémissait tout en racontant devant Robert ce qu’il venait de se passer et les mauvais traitements que lui infligeait son mari. Les policiers, compatissants; mais impuissants dans ce genre d’affaire (il faut tenir compte du contexte de l’époque) conseillaient à Robert de se calmer. Quand à Geneviève, elle les suppliait de l’embarquer pour la nuit. Les policiers ne pouvant intervenir plus avant dans ce genre d’affaire, conseillait à Geneviève de porter plainte, mais que cela ne servirait pas à grand-chose tans qu’il n’y avait pas « le premier sang » c’est-à-dire une blessure sérieuse qui impliquerait directement son mari. Sous les conseils et les remontrances des policiers, Robert s’était calmé et promettait de laisser sa femme tranquille. A cette condition, ils repartaient sans lui, ce qui n‘était pas du goût de Geneviève. Une fois la police partie, Robert, sans un regard pour sa femme, prenait son blouson d’aviateur puis, claquait la porte sans un mot jusqu’au lendemain soir…
La jeune femme avait très vite comprit qu’elle pouvait tirer partie des fuites désespérées de son mari. Dormir seule, ces nuits là, était pour elle un soulagement. Souvent, elle jouissait même d’un répit de plusieurs jours avant qu’il ne se décide à remettre les pieds à la maison. Elle se souciait peu de savoir ce qu’il faisait dehors, avec qui il traînait et ou il passait ses nuits. Elle en profitait pour remettre de l’ordre dans toute cette pagaille: vestiges de la tempête qu’elle venait d’essuyer et faire un peu de ménage afin de se sentir mieux. Tout y passait et le deux pièces retrouvait un aspect propret et surtout, plus vivable. Ces jours illusoires de liberté, elle en profitait pour sortir faire les magasins. Après de longues marches dans Paris, elle aimait bien s’arrêter dans un salon de thé pour souffler un peu et prendre une collation. Elle dépensait son argent comme bon lui semblait et cela luis procurait un sentiment de Bien être, se sentant euphorique et pleine d’entrain. Car elle était bien mieux, seule!…
A suivre...
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