Le complot - chapitre -2- page -7-

 

 

 

Autant en emporte la vie 

Le Complot

Chapitre -2- 

Page 7

 

 

Il fallait qu’elle trouve un emploi. De cette façon, elle pourrait déjà devenir plus indépendante et surtout, en s’impliquant dans un métier autre que vendeuse et boniche chez sa mère! Ensuite, elle peaufinerait son plan pour demander le divorce. Sa dote lui permettrait de voir venir. Ils étaient mariés sous contrat de mariage. De ce côté-là, il n’y avait pas d’ambiguïtés. Pas de partage n'était éxigé. Elle se préparait au pire pour la demande de divorce. Robert ne serait pas d’accord. Elle s’y attendait. Se soulevait aussi le problème du logement et de son déménagement…

Elle devait s’éloigner de ce quartier qu’elle exécrait. Cela allait lui prendre un peu de temps avant de tout planifier dans les moindres détails; mais à la perspective de se créer une nouvelle vie, Geneviève sentait une exaltation l’envahir. Il est sûr qu’elle avait peur ce que qu’elle aurait encore à subir le temps que tout se mette en place; mais elle s’en sentait le courage et ne pouvait plus reculer. Elle n’en pouvait plus de cette vie minable qu’elle menait, des violentes colères de Robert lorsqu’il n’arrivait pas à ses fins. Elle ne serait pas une femme battue et violée toute son existence! Ça, jamais! Juste un peu de temps. Il lui fallait gagner juste un peu de temps pour s’organiser. Sa décision fût prise. Elle serait ferme et définitive quant à ses revendications. Le soir même, Geneviève ferait part à Robert de ses exigences…

Elle en était là de ses pensées lorsqu’elle entendit la clef tourner dans la serrure. Robert fît son apparition dans l’embrasure de la porte de la cuisine qui se trouvait être en enfilade avec le couloir d’entrée. S’apercevant que la table n’était pas mise, il lui lança un bonsoir laconique que Geneviève ne releva même pas. Elle faisait semblant de s’afférer à la cuisine dans quelques rangements dont elle se fichait comme de sa première chemise. Elle avait laissé brûler ce qu’elle avait préparé pour le dîner, ce qui lui arrivait souvent. L’on croit en deviner quelle en était la raison… Et bien vous ne vous trompez pas; mais cette fois, Geneviève ne l’avait pas fait exprès. Absorbée par ses réflexions toutes intérieures, elle avait complètement oublié ce quelle avait mit à cuire sur la cuisinière! Zut de zut! Justement ce soir où elle devait lui parler! Il fallait qu’elle trouve quelque stratagème pour éviter tout problème! Quoi faire? Prier pour qu’il décide de repartir manger chez le bougnat.

A ce moment précis, Robert lui lança:

- J’ai faim.

Elle lui répondit:

-Débrouille-toi.

Comment? Y’a rien de prêt?

-non…

-Mais « qu’est c’ que » tu fou d’ t’on temps?

-D’habitude, rien. Dit-elle ironiquement.  Mais ce soir j’avais préparé un bon dîner et, quel dommage! Je l’ai complètement oublié sur le feu!

Geneviève refusait les tâches ménagères: surtout le servir et manger en face de lui! Tout ce qui regroupait les obligations d’une femme au foyer étaient la troisième raison  de son refus: les  deux autres, vous les connaissez...

Sans broncher, Robert reprit son blouson qu’il avait accroché au porte manteaux du vestibule et lui lança en claquant la porte:

- Garce!

 

Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de la jeune femme. C’était bien joué. Il ne rentrerait pas de si tôt. Ce ne serait pas ce soir qu’elle le lui parlerait de ses projets. Son cœur battait à tout rompre. Ce n’était quand même pas une mince affaire que de lui faire face et de lui faire comprendre son point de vue, d’autant plus qu’elle savait pertinemment qu'il refuserait tout de go ce dont elle allait lui faire part! De plus en l’entendant arriver, surprise dans l’intimité secrète de ses pensées, elle avait été prise au dépourvu. Elle n’était pas prête. Elle sentait ses jambes se dérober sous elle. Mieux valait ajourner la discussion qui ne manquerait pas d’être houleuse: elle le savait…

Comme tous les jours se ressemblaient, Geneviève attendit trois jours pour amorcer la discussion. Il y avait un autre facteur à considérer: celui de ne plus avoir le courage de mettre son plan à exécution et de ranger ses exigences aux oubliettes: ce qui revenait au même.

Cette fois, rien ne la ferait reculer. Elle avait préparé pour se faire un repas simple, mais qu’elle voulait mangeable, dressé la table, et guettait le moment propice pour passer à l’offensive. Robert ne comprenait pas ce soudain revirement qu’il pensait douteux. Il y avait « anguille sous roche». Geneviève, sans se douter un instant que son mari l’attendait au tournant, conduisait la conversation pour l’amener tout doucement à ce qui lui tenait le plus à cœur. Circonspecte, Robert tout en continuant à ce poser des questions sur cette soudaine amabilité, gardait en mangeant le nez dans son assiette puis relevait la tête de temps à autre pour observer sa femme. « Il mange comme un paysan, pensa la jeune femme. Il me dégoûte »! Je ne le supporte plus! Il faut que j’arrive à mes fins!

Sans perdre de son apparente assurance et sans plus réfléchir, Geneviève aborda ce "pourquoi "elle avait monté cette mise en scène. Ce qui pouvait se produire ensuite, elle se devait de l’affronter. De toute façon, que ce soit maintenant ou à la « saint glinglin », le résultat serait le même.

Robert, inquiet de ce que sa femme avait encore bien pu trouver pour le mettre hors de lui, réalisa soudainement qu’au beau milieu du bavardage incessant de Geneviève il venait de capter un mot qui le fît bondir de sa chaise:

- Quoi? Tu veux travailler?

Et sans attendre la réponse, il lui balança:

- Et ben! Retravaille chez ta mère!

 

A suivre...

 

 

 

 


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Dernière mise à jour de cette page le 29/05/2010