Le mariage arrangé

 

   

 Autant en emporte la vie 

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Le complot

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Mariage arrangé

 

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Il fallait, à présent, compter avec elles. Ces dames qui avaient fait montre d’héroïsme en bien des circonstances, il faut en convenir, avaient tenu les rênes de leur destiné et le haut du pavé pendant ces cinq années de guerre et même après puisqu’au pays il n’y avait plus d’hommes jeunes ou valides pour s’occuper du travail des champs, Elles avaient dû s’y mettre toutes ensembles pour ne pas laisser les champs en friche et les fermes à l’abandon, d’autant plus qu’elles puisaient pratiquement toutes leurs ressources dans les produits de leur ferme. Et puis, il y en avait qui avaient des enfants. Elles s’entraidaient de façon  à leurs assurer le minimum vital. Combien ont dû se débrouiller pour faire bouillir la marmite quand il n’y avait presque plus rien à manger? Défendre leur patrie lorsque l’occasion s’en présentait? Certaine d’entre elles avaient même fait partie de la résistance! Sans compter le travail des champs pour celles de la campagne qu’il fallait assurer, qu’il pleuve ou qu’il neige! Elles s’avait à présent conduire les charrues, labourer, semer, faire les fenaison, les vendanges etc. Plus question de les laisser dans l’ombre! Sûr d’elles, entreprenantes et pour arriver à leurs fin, elles organisaient des manifestations, elles revendiquaient des droits nouvellement acquits qu’elles n’auraient jamais osé espérer en rêve au paravent. Cette émancipation subite des femmes n’était pas du goût de tous ces messieurs et se faisait par petites tranches; mais elles avançaient…

Ce nouvel état de fait laissait robert perplexe et le dérangeait au plus haut point. C’était bien loin de ce que lui avait enseigné son ours de père! De par son éducation qui voulait que les femmes restent à la place que leurs avaient assigné les hommes, il n’aimait pas la tournure que prenaient les évènements. Là-bas, au pays, les filles de la campagne, beaucoup moins exigeantes que celles des villes, se plaisaient là où elles avaient vu le jour. Leur choix était fait: elles resteraient femmes de cultivateurs. Habituées à la dure existence de leurs parents. Aimant vivre où se trouvaient leurs racines, Elles ne s’occupaient que de besogner. Elles aidaient leur mère aux tâches ménagères de la ferme et quotidiennement, elles se levaient tôt pour traire les vaches, nettoyer la porcherie, donner la pâtée aux cochons, distribuer les graines aux poules, canards, oies dindes et dindons, ramasser les œufs pondu frais du jour, donner l’herbe aux lapins et tout cela, sans se poser de question. Les travaux des champs étant dur et nombreux, les hommes s’en occupaient de nouveau; mais tout ce qui était du domaine des femmes, c’était elles qui s’en chargeaient. Les journées de grande lessive étaient les plus pénibles; mais il y avait des compensations. Les préparatifs étaient pourtant assez fatigants par eux même. De grandes lessiveuses galvanisées étaient disposées dans la cour de la ferme, alimentés chacune par un constant feu de bois. L’eau à plus de quatre vingt degrés où trempaient les draps de métisse, laissait échapper une vapeur d’un blanc rendu laiteux par les copeaux de savons que l’on ajoutait au fur et à mesure qu’elle s’élevait en température embaumait l’air. Mère et fille, ce jour là, faisaient équipe pour se répartir le travail et ainsi gagner du temps. La grande lessive se faisait une fois par mois et durait jusqu’à trois jours. Pendant ces grandes manoeuvres, les femmes remuaient le linge le sortaient à l’aide de grandes pinces en bois de hêtre pour éviter de s’ébouillanter.

A suivre...

 

 


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Dernière mise à jour de cette page le 29/12/2009