Autant en emporte la vie - chapitre -2- Le complot - page -13-

 

 

Autant en emporte la vie
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Le Complot
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Chapitre -2-
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Page -13 -
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Robert de rajouter d’un air faussement détaché:

- Non… Dès qu’tu veux, tu peux r’prendre ta place au bazar.

- Ah! C’est ça! Tu reviens à la charge! Tu acceptes que je travaille; mais au bazar!

Après un temps de pause, elle attaqua de nouveau:

- Je n’ai pas changé d’idée, tu sais! Je t’ai pourtant dis l’autre soir que je ne retournerai plus dans la magasin de mes parents! C’est toujours la même chose! Je devrai rendre des comptes toute ma vie que ce soit à ma mère ou à toi? Vous ne voulez décidément pas comprendre! Et bien, enlevez-vous cette idée de la tête car ça n’arrivera plus! Je sais très bien ce que vous mijotez derrière mon dos: toi, ton père et ma mégère de mère! Mon père! N’en parlons même pas: il est « la cinquième roue du carrosse ». J’ai été sous la domination de ma mère mon enfance et mon adolescence! Je ne vais pas me remettre sous son joug aujourd’hui! Ça suffit! Je veux mener ma vie comme je l’entends et ni toi ni personne d’autre me dictera ma conduite!

Robert, sous l’effet de l’exaspération, changea de couleur en l’apostrophant:

- j’suis ton mari et tu dois m’obéir! Ca s’ra l’bazar ou rien!

Geneviève hors d’elle et plus arrogante que jamais se leva d’un bond. Sa chaise se renversa. Les mains appuyées sur le rebord de la table, elle lui aboya au visage:

- C’est-ce qu’on va voir! Considère qu’à partir de ce soir tu es au courant que ma décision est définitive et que je ferai tout pour obtenir le divorce et me libérer de toi! Tu peux hurler, gesticuler comme un beau diable, Je ne serai jamais ta chose! Tu me dégoûtes!

La rage étouffait Robert. Il ne se contrôlait plus. Il souleva la table de bois massif en grognant tel un ours prêt à attaquer:

- Salope! Tu vas m’payer ça!

Geneviève réalisa la portée de ses paroles. Elle avait été trop loin cette fois. Soudain calmée par la réaction démesurée de son mari, elle lui dit d’un ton qui se voulait raisonnablement apaisant.

- Arrête, Robert! Arrête! Tu ne vois pas que tu vas le regretter si tu me touches? Arrête! Robert et Geneviève face à face, se jaugeaient.

-J’vais t’tuer! Lui lança-t-il tout en essayant de l’attraper en se laquant sur la table non desservit. Les assiettes et tout ce qu’il y avait dessus tomba à terre. Geneviève esquiva de justesse la main de son mari qui, s’abattait sur elle comme un battoir.

- Mais enfin, Robert! Tu es complètement fou! Arrête!

- J’vais t’tuer! T’es qu’une sale garce!

La peur rivée au ventre, comprenant qu’il n’y avait plus rien à faire dans l’immédiat, fît volte face et s’enfuit en direction du vestibule, arrachant au passage son sac et son imperméable accrocher au porte manteaux. Pas une seconde elle ne prit le temps de se retourner pour voir si il était sur ses talons. On aurait pu penser, en la voyant, qu’elle avait le diable à ses trousses! La porte d’entrer claquât derrière elle. Une fois dehors, elle se mit à courir jusqu’au tournant de la rue afin de mettre de la distance entre elle et lui. Elle erra pendant des heures sans but précis, se remémorant la scène qu’elle venait de vivre. La fraîcheur de la nuit la fît frissonner. Elle aperçu un café encore ouvert. Il était déjà tard; mais elle avait envie de quelque chose de chaud. La fatigue se faisant ressentir et ne sachant où aller, elle se décida à entrer. L’endroit était désert à cette heure et le cafetier n’allait pas tarder à fermer. Geneviève, choquée, transit de froid, demanda si elle pouvait avoir un grand crème. Malgré l’heure tardive, le barman lui fît signe que oui. Elle alla s’asseoir à une table et prit sa tête dans ses mains. Lasse, Geneviève sanglotait lorsque le barman lui apporta son crème. Elle ne réagît pas à son approche. Le barman, pourtant curieux, senti qu’il ne fallait pas l’importuner et il reparti comme il était venu. La jeune femme absorbée par ses tristes pensées, reculait le moment fatidique où elle devrait abandonner ce refuge temporaire ou elle se sentait le plus en sécurité. Il lui fallait regagner son domicile. Elle n’avait pas le choix. De nouveau, elle se devait d’affronter son mari. - Si seulement il pouvait être parti? - Se dit-elle. Il ne fallait pas qu’elle laisse percevoir la peur qui lui tenaillait le ventre. Elle sortit soudain de sa réflexion pour entendre vaguement le serveur lui dire que le café fermait et qu’il fallait qu’elle paie sa consommation. Elle devait être là depuis trois quart d’heure à peut prés. Elle se s’était pas rendu compte que le temps s’envolait, Imperturbable, sans se soucier des problèmes des humains. Immuable, il continuait sa course. Geneviève demanda l’heure au serveur:

- 11 heure 30 madame. Lui répondit-il. Pouvez vous payer s’il vous plaît? Nous fermons.

Geneviève, gênée de s’être faites, par deux fois répéter qu’elle devait régler son crème, balbutia:

- Mais oui, bien sûr! Pardonnez-moi: j’étais distraite. Attendez deux secondes. Fît-elle tout en cherchant dans son porte monnaie. Je ne vous avais pas entendu arriver.

Elle s’aperçut qu’elle n’avait que des billets.

- Je suis désolée mais je n’ai pas l’appoint. Pouvez-vous encore me faire de la monnaie?

- Donnez. Je vais voir.

Elle lui tendit un billet de 5000 francs (de l’époque équivalent à 7,62 euros d’aujourd’hui). Le barman revînt avec sa monnaie qu’il posa sur la table.

- Bonsoir madame.

- Bonsoir monsieur.

Elle se leva et sortit. Dehors, dans la nuit, l’air sentait la pluie. Quelques goûtes commencèrent à tomber. Geneviève releva son col d’imperméable et se dépêcha de rentrer à la maison tout en appréhendant ce qui l’attendait une fois seule avec lui…

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A suivre...
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Dernière mise à jour de cette page le 09/09/2009