"Autant en emporte la vie" chapitre -2- Le complot - page -12-

 

 

 

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Le Complot
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Chapitre -2-
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Page -12-
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En écoutant son père, Robert s’était placé en situation d’échec par rapport à sa femme. Il s'était vite rendu compte qu’elle n’était pas du genre à se laisser dominer par un homme! Elle ne supportait pas l’autorité de sa mère. Son père, Monsieur De Laplace, était presque invisible concernant les décisions prises par Madame De Laplace. Geneviève ne voulait plus servir de bonne et de souffre douleurs à son aînée comme à ses autres soeurs plus jeunes qu’elles. Elle refusait d’accepter cette alliance à laquelle elle devait se soumettre. Bref, Elle était réfractaire à tout ce qui concernait les obligations d'une jeune fille ou d’une femme mariée. Rebelle à l'autorité de sa mère, elle l'avait supporté bien malgré elle; mais c'était finit! Geneviève n'acceptait plus qu'on la tienne en cage et encore moins que son  "mari" la commande.

Là-bas, au pays, les mentalités n’étaient pas les même qu’à la ville. D'après sa propre   expérience d'homme marié, il ne comprenait plus pourquoi les filles à marier ne trouvaient rien à redire quant à leur avenir avec le promis qu’on leurs destinait. Avec Geneviève, il avait perdu tous ses points de repaire car contrairement à sa femme, Les paysannes ne se plaignait pas, ne se rebiffaient pas. Elles n’avaient pas d’autres solutions que de s’accommoder de la décision que prenaient à leur place les parents; mais une jeune fille de la ville depuis déjà un certain temps, ne voyait pas les choses de la même manière: surtout sa femme! Il n’aurait jamais dû la forcer. Un sentiment de mal être le rongeait. Il était dans une impasse. Puisqu’il n’était pas question de céder à la pression que Geneviève exerçait sur lui, il se devait de faire face à ses problèmes. Il lui fallait parler et essayer calmement de la convaincre de retourner travailler chez ces parents. Quand à son mariage, Robert persistait à croire que ça finirait bien par s’arranger entre eux si elle y mettait un peu de bonne volonté… 

C'était un soir comme les autres; mais ce jour là, sans aucune raison, Robert rentra du garage plus tôt que prévu. Geneviève était là, les cheveux en broussaille et toujours aussi mal fagotée. Elle préparait ce qui allait leur servir de repas. Elle ne cacha pas sa surprise lorsqu’elle le vit. D’habitude, il ne se pointait pas avant vingt et une heure trente et il n’était que vingt heure. Comment se pouvait-il qu’il soit déjà rentré? A son habitude il passait chez le bougnat pour voir ses copains et discuter une bonne heure avec eux. Inquiète, elle n’en montra rien. Elle continua de s’affairer à ses casseroles afin d’éviter de devoir lui adresser la parole. Robert, de son côté attendit un « bonsoir » qui ne vint pas. Déçu, mais non surprit, il se dirigea vers la chambre à coucher pour faire sa toilette et enlever sa salopette pleine de cambouis. Attentive au moindre bruit, Geneviève l’entendait rouspéter. Il ne trouvait jamais ce qu’il cherchait. N’y tenant plus, il l’interpella:

- Où sont mes chaussettes propres! J’en ai mare de r’mett’e du sale tout l’temps!

- Dans un sac au font du placard! Jeta Geneviève sur un ton  faussement dégagé.

- Rien est à sa place dans c’te maison!  Mes chaussettes sont trouées, mon linge est déchiré et rien est r’passé!

Geneviève ne releva pas ses réflexions trop heureuse des tours qu’elle lui jouait en permanence l’obligeant, pour l’humilier et lui faire comprendre qu’il devait laver son linge tout seul s’il voulait être propre, à remettre des sous-vêtements douteux, ainsi que le reste. Robert réapparaissait en pyjama pas content du tout, son journal à la main, pour venir s’asseoir dans son vieux fauteuil de cuir trônant dans ce qui servait de salon et de salle à manger.

A contre cœur, Geneviève mit la table. Elle n’aimait pas prendre ses repas en face de lui. En somme, Elle abhorrait tout ce qui pouvait l’obliger à reconnaître, de prés ou de loin qu’elle était sa femme et qu’à ce titre, elle devait se conduire comme telle. Il fallait bien qu’elle en passe par là si elle voulait réussir son plan qui, petit à petit, germait dans sa tête pas si vide que pouvait le penser la famille…

- A table.

Marmonnât-t-elle sans se préoccuper de la réponse de Robert. Disposés l’un en face de l’autre, le nez dans leur assiette, ils mangeaient en silence. Robert tournant et retournant ses pâtes et son jambon, se décida le premier à entamer un semblant de dialogue :

- Si tu veux travailler, j’t’en empêch’ pas.

Geneviève arrêta sa fourchette à mi-chemin de sa bouche et de son assiette, se demandant si elle avait bien entendu:

- Tiens donc! Tu acceptes que je travaille? C’est nouveau ça! Tu es sûr de ce que tu viens de me dire? Ce n’est pas un piège que tu me tends, là?

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A suivre...
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Dernière mise à jour de cette page le 09/09/2009