Autant en emporte la vie vie
La rencontre Chapitre - 4 - page - 9 -
Geneviève, écumait de rage au fur et à mesure que les minutes s’envolaient. Au paroxysme de la fureur, elle éconduit Bob avec vigueur:
- Vous ne voyez pas que vous dépassez les bornes de la stupidité! Je suis très énervée et je n’ai pas de temps à vous accorder! Laissez-moi tranquille! Bob, surpris par cette brutale crise d’hystérie, ne pipa mot. Des personnes pressées, mais curieuses en même temps, se retournaient sur eux. Deux messieurs tentèrent d’intervenir en demandant à Geneviève si elle voulait de l’aide. Cela eut pour effet de la ramener quelque peu à la réalité. Elle prit conscience du lieu où ils se donnaient en spectacle. Gênée, elle baissa le ton, et de dire au jeune homme: - Écoutez, Monsieur! Il est tard, je travaille en cachette. Je suis mariée et je sens que je vais avoir de gros ennuis! Vous comprenez? N’insistez pas s’il vous plaît! Cherchez quelqu’un d'autre pour votre soirée! Sur ces mots, Geneviève entreprit de traverser le boulevard sans se soucier des «passages cloutés», sans même prendre garde aux voitures qui circulaient à vive allure. Un coup de frein retentit sur la chaussée glissante. D’un geste prompte Bob saisit le bras de Geneviève qui tentait de lui échapper, l’attirant à lui sans ménagement, lui évitant d’être renversée. L’homme qui conduisait le taxi avait freiné à temps, mais, invectiva les deux jeunes gens: - Alors! Ça va pas, non! Vous pouvez pas faire attention et traverser aux «clous», comme tout le monde! On n'a pas idée, quand même! Ça s’fait compter fleurette par son jules et pa’ce que madame est en colère, ça traverse n’importe où! Où va l’monde alors! J’vous jure! Vous, là! Vous pouvez pas la t’nir vot’ moitié! Mais qui qu’sait qui commande chez vous?! Sans s’occuper davantage de la mauvaise humeur du chauffeur de taxi qui continuait à vociférer dans le vide, Bob entreprit de calmer et de raisonner la jeune femme qui en était quitte pour une grosse frayeur. Elle murmura: - Merci, mais vous auriez mieux fait de me laisser passer sous les roues. Au moins, tout serait fini. Je ne vous ai rien demandé. Pourquoi vous occuper de moi? Vous ne me connaissez pas. Je ne suis rien pour vous, alors pourquoi? Elle était en état de choc. Bob ne pouvait, ni ne voulait la laisser sans secours, à la merci de n’importe quel gigolo sans scrupule qui passerait par là. Car il était évident qu’elle avait besoin d’aide, elle était toute désorientée... Pour couronner le tout, l’autobus passa devant eux. Atterrée par la malchance qui s’acharnait sur elle, Geneviève cria, désespérée, en le suivant des yeux. - Mon bus! Elle était là, les bras ballants, le regardant s’éloigner, ne sachant plus quoi faire pour rattraper la situation. Cette fois, affolée, elle se mit à gesticuler en tous sens, près de la crise de nerfs. Bob la gifla, ce qui eut pour effet de la calmer immédiatement. Abasourdie par ce geste de hardiesse, Geneviève, la main sur sa joue, protesta: - Vous avez du culot! De quel droit me giflez-vous?! Et puis, laissez-moi tranquille! - Allons, Mademoiselle! Reprenez-vous! Venez avec moi dans ce café en face. Vous n’avez pas à avoir peur. Je me présente: Bob Orial: le neveu de votre patron! - Mon patron? Mais il est trop jeune pour avoir un neveu de votre âge! Vous, vous fichez de moi?! Bob sourit et la rassura:
-Patrick est votre patron au salon; mais il y a un grand patron au dessus de lui. C’est Mon oncle le propriétaire du salon Orial. A suivre...



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