La rencontre
Chapitre - 4 -
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Geneviève avait à peine quitté son poste que les babillages avaient repris, mais la jeune femme revînt sur ses pas et les stoppa net:
- Pas un mot!
Ces collègues la suppliaient de donner des détailles concernant l'effet que le jeune homme avait produit sur elle.
- Allez! Dis-nous!
- Quoi? Il n'y a rien à dire! Heureusement qu'il est partit! Vous avez tout vu! Alors, arrêtez vos bêtises!
A bout de nerfs, Geneviève détourna de nouveau les talons et s’enfuit presqu' en direction des vestiaires. Entre temps, les clients avaient complètement déserté le salon et la personne que coiffait Geneviève s’apprêtait à régler sa note tout en rouspétant sur la façon dont elle l’avait plantée là, les cheveux encore sous les rouleaux.
Patrick écoutait distraitement les doléances de la cliente. La scène dont il venait d’être témoin, nécessitait toute son attention...
- Et ben! Quelle mouche a piqué notre Geneviève? S’étonna Juliette.
- Elle n’est pas très aimable ce soir! Renchérit une autre.
Ce remue-ménage n’avait pas échappé à Patrick qui, du regard, avait suivi sa protégée. Une ombre fugace assombrit soudainement son regard. Il était inquiet car il connaissait cet homme qui était entré dans le salon et ressortit quelques minutes après.
Il ne restait plus qu’à se dépêcher. Ses chaussures semblaient à peine effleurer les feuilles de platanes aux couleurs nuancées de rouge, de marron et de beige qui jonchaient le sol.
Geneviève, d'ordinaire si enjouée, avait quitté ses camarades de travail sans même de les saluer. Le temps menaçait et elle n'avait pas de parapluie.
Les teintes chaudes de la saison automnale attiraient pourtant l’œil; mais Geneviève ne voyait rien d’autre que le retard qu'elle avait accumulé à cause de ces évènements imprévisibles survenus juste un peu avant la fermeture du salon.
Comme fait exprès, le vent s’était levé. Ce n’était vraiment pas son jour. Tout en allongeant le pas afin de ne pas rater le bus qui ne devait pas être loin derrière elle, l’image de son mari vint, de nouveau, la hanter. Qu’allait-elle pouvoir inventer, s’il lui prenait l’envie d’être là justement ce soir alors que tous les éléments de la journée s’étaient ligués contre elle pour la mettre en situation d’échec.
La rencontre fortuite avec cet homme au salon, avait révolutionné ses neurones et ses sens et bien quelle s’en défende, au fond d’elle-même, elle savait quelle n’oublierait plus son visage.
Le fait d’y repenser avait, tout à coup, affolé son cœur. Si elle avait pu éviter d’échanger ces quelques mots avec ce jeune homme qui lui avait fait si grande impression... Si on ne lui avait pas refilé cette cliente au dernier moment. Si, si…
En somme, c’était ces deux facteurs déclenchants qui fatalement devaient, avec cet infernal samedi, la mettre dans l’embarras et la déstabiliser pour le compte. A présent, ses craintes étaient là et bien là, fondées ou non!...
Depuis des mois elles continuaient leur travail de sape sur son moral et Geneviève, psychologiquement, n’en pouvait plus.
Tel un automate, elle avançait sur le trottoir humide, insensible à la vie qui grouillait autour d’elle, seule, ses idées sombres lui servant d’escorte. Et puis, cette douleur au creux de l’estomac qui la taraudait...
A suivre...