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Autant en emporte la vie

La Rencontre
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Chapitre - 4 -
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Page-6-
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Quelle ne fut pas sa surprise de remarquer qu’il avait une envie irrésistible d’éclater de rire: Non seulement, il avait tout entendu, mais il s’amusait de la voir s’empêtrer dans son embarras.
Il fît un effort surhumain pour demeurer stoïque, comptant bien augmenter l’effet produit sur la jeune femme et s’amuser encore un peu à ses dépens. Sa conscience lui en fit bien le reproche: que cela n’était pas très gentil pour cette jeune personne, mais c’était plus fort que lui. De son côté, Geneviève bredouilla:
- Heu! Veuillez excuser mes collègues: elles sont gentilles, mais un peu trop bavardes et frivoles à mon goût. Se décida-t-elle à articuler.
- Vous êtes toute excusée, mademoiselle! Fit Bob avec un petit air faussement sérieux. Je suis désolé, mais je ne tenais pas à vous mettre en difficulté.
- «Oh, le menteur! » Se dit Geneviève.
Elle était vraiment très jolie, ses joues toutes roses de confusion et son beau visage encadré par de magnifiques boucles blondes et le reste de sa chevelure remonté en chignon banane. Bob cherchait un adjectif plus adéquat à ce genre de beauté nordique.
Belle! Voilà! La jeune femme n’était pas seulement jolie: elle était belle! Bob continuait de regarder Geneviève qui, de son côté, commençait à se rendre compte que ses amies n’avaient pas exagéré leurs appréciations!
Tout en répondant aux questions qu’il lui posait, le plus discrètement possible, Geneviève en profita pour l’observer attentivement. Le jeune homme non plus, ne se lassait pas de la dévorer des yeux.
Dans son esprit sans cesse en éveil, une idée germa. Et si, malgré sa fatigue, la jeune femme acceptait de prendre quelque chose avec lui? Que risquait-il? Un refus poli tout au plus...
Dans un coin du salon, il remarqua trois filles qui pouffaient en les regardant. C’était une situation très inconfortable. Il ne voulait pas exposer, la jeune femme à des moqueries de la part de ces jolies «oiselles»! Ce n’était pas le bon moment pour l’inviter. Il était sûr et certain de se récolter un refus du genre:
- « Non monsieur. Excusez-moi, mais je dois rentrer de bonne heure. Je suis déjà en retard et mes parents m’attendent.»
Discrètement, Bob regarda ses mains et il s’aperçut qu’elle avait une alliance. - «Elle est mariée... Elle ne peut donc pas invoquer ses parents pour refuser. Ça va être plus dur pour la convaincre...»
Bob n’aimait pas «prendre une veste». A plus forte raison, lorsqu’il y avait des témoins. Il décida donc de tenter sa chance à l’extérieur du salon. De cette façon, il verrait si quelqu’un l’attendait.
- Geneviève! Le patron te demande!
«Bonne Juliette! » Se dit Geneviève. Elle avait tout compris.
- Excusez-moi Monsieur, mais on m’appelle.
- Je vous en prie, faites, je ne voudrais pas être la cause d’une réprimande quelconque à votre endroit! On se reverra certainement dans un temps prochain. Le hasard fait parfois bien les choses! Mademoiselle! Fît-il en la saluant cérémonieusement. Geneviève ne releva pas le "Mademoiselle" et s'empressa au soit disant appel de son patron, de filer. Le jeune homme la regarda partir et quitta le salon. Il ne lui arrivait pas souvent de passer voir comment fonctionnait l'établissement pour en rendre compte à son vieil oncle; mais il passait toujours à l'improviste.
A suivre...
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