|
Autant en emporte la vie
Chapitre -4-
La rencontre
Page -3-
La vieille dame n’ayant plus de famille depuis longtemps, le lui rendait bien. Elle considérait la jeune femme comme sa propre petite fille. Nul n’aurait pu détruire ce lien si fort qui les unissait. Tout naturellement, Églantine avait fait de Geneviève son héritière. La vie malmenait la jeune femme sans ménagement. A chaque fois, c’était chez Mme Carpentier qu’elle venait se réfugier. Églantine la recevait toujours avec autant d’affection. Elle la prenait dans ses bras, séchait ses larmes en la berçant de mots pleins de tendresse, comme lorsqu’elle était petite. Geneviève fermait les yeux et se délectait de ce parfum de violette qui lui embaumait l’âme. Bien à regret, elle repartait après avoir fait le plein d’amour et de courage. Il lui en fallait pour affronter les obstacles que la vieille dame savait nombreux sur sa route…
Fervente catholique, Églantine acceptait mal les manières de "Mme De..." Elle l’avait surnommée ainsi parce qu’elle la trouvait bêcheuse, sans cœur, bien trop Guindée à son goût. N’étant pas habilitée en quoique ce soit pour donner son avis ou empêcher le grotesque mariage d’intérêts que cette odieuse femme avait concocté pour sa fille et dont les échos lui étaient parvenus, Églantine s’était contentée d’atténuer les dégâts causés par une destinée par trop cruelle, lamentablement orchestrée, calculée, tracée d’avance afin de servir les ambitions d’une mère qui, manifestement, n’avait aucune affection pour sa fille et qui, visiblement, avait des préférences pour son fils: Surtout son fils!!! Sa fille aînée, Bernadette et ses quatre autres filles venaient ensuite... Bien après et devant son époux... Tant de despotisme lui donnait la nausée. Cette femme perverse, vindicative, autoritaire, insensible aux misères d’autrui, n’admettait sous aucun prétexte qu'on lui résista. Elle était Hautaine, malveillante par principe, d’un orgueil démesuré et d’une fierté qui frisait l’indécence. C'en était écoeurant. En un mot comme en cent, toute sa personne reflétait une froideur et une méchanceté inqualifiable. La petite Geneviève était une enfant indocile et rebelle à toutes formes d’autorité, surtout celles de sa mère. Elle seule avait su comment apprivoiser la petite et la mettre en confiance. Quel lourd passé cachait Mme De...? Geneviève était-elle bien une enfant légitime? N’y avait-il pas quelques sombres histoires inavouables cachées dans un de ces tiroirs secrets d’un vieux "bonheur du jour "Louis XVI bancal et piqué, relégué au fond d’un de ces immenses greniers poussiéreux de cette famille normande venue s’installer en banlieue parisienne vers les années quarante? Elle ne savait guère de choses sur cette famille. Églantine se posait beaucoup de questions, concernant sa petite fille de cœur, qu’elle n’arrivait pas à élucider. Elle avait bien des idées qu’elles essayait de mettre en place afin de ménager et de protéger Geneviève le plus possible de sa mégère de mère, mais elle n’était sûre de rien. Ce dont elle était certaine, c’est qu’elle n’aimait pas cette odieuse femme revêche qui, à part sa fortune qu’elle aimait exhiber par n’importe quels moyens pour se faire respecter et se rendre importante, lui semblait peu digne d’intérêt. Elle s’était tout de suite rendue compte du malaise que celle-ci déclenchait à son passage et au moment où elle apparaissait dans les endroits où il s’avérait que l’on eut besoin, pour une raison ou pour une autre, de ses services. Il n’y avait pas que cela qui chiffonnait Églantine...
A suivre...
compteur
|
10/10 sur 3 votes
Sélectionnez une note dans le menu déroulant.Aucun commentaire
Vous devez être connecté pour poster un message.