Autant en emporte la vie - La rencontre - Chapitre - 4 - page - 15 -

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Autant en emporte la vie

 

La rencontre

 

Chapitre - 4 -

 

Page-15-

 

 

- Mon petit! Calmez vous! Je suis votre ami! Vous n'êtes plus seule dans ta souffrance! Je suis là pour la partager avec vous et pour vous protéger!

- Mais…

-Chut! Ne dites rien! Il y a des lois et nul ne peut les enfreindre sans s’exposer à des sanctions

Geneviève reprit:

- J’ai peur de mon mari!

C’est plus fort que moi! Il est parti depuis plus de six mois! Je ne sais pas quand il va se décider à réapparaître! Il fait ça souvent! Il est imprévisible et dangereux quand il est saoul! S’apercevant de l’heure, elle sursauta soudain:

- Il se fait tard !

- Je ne veux plus rentrer! J’ai trop peur! D’habitude, je suis libre vers dix neuf heures! J’ai le temps de rentrer à la maison et de m’assurer de son absence!

Il ne rentre du garage que vers vingt et une heures 30 et le plus souvent, vers vingt deux heures trente quand ce n’est pas vingt trois heure complètement ivre!

Là, je n’ai aucune marge de sécurité; mais depuis qu’il est absent, je vis encore plus sur le qui vive car je rentre à l’heure pour être certaine de ne pas tomber sur lui en train de m’attendre et de me mijoter un mauvais coup.

Tous les jours qui passent, j’ai le secret espoir de ne pas le voir réapparaître dans ma vie, mais là..?

Et s’il lui prenait l’envie de revenir justement ce soir? J’ai comme l’impression que je vais le trouver m’attendant et me demander des comptes sur l’heure tardive à laquelle je rentre! Je suis angoissée! C’est atroce! Tant que je ne dépasse pas l’horaire fatidique de son retour, je peux donner le change! Mais ce soir, il est si tard! Je n’ose plus rentrer! Que dois-je faire?

Geneviève s’en remettait complètement à Bob, confiante. Il se devait de ne pas la décevoir.

Et puis, il s’était rendu compte qu’il ne pouvait plus faire marche arrière. De plus, elle lui plaisait bien plus qu’il ne voulait se l’avouer.

Il retardait volontairement le moment de se séparer d’elle. Il ne pouvait pas la laisser ainsi en plein désarroi! Quelque chose, chez elle, le captivait.

Ils restèrent un moment silencieux se demandant, chacun de leur côté, qu’elle était la meilleurs solution à adopter.

Entre son compagnon et elle, le silence s’était glissé subrepticement, ne faisant qu’isoler leur table un peu plus du reste du monde.

La jeune femme ne pouvant soutenir trop longtemps le regard du jeune homme qui ne parlait plus, ne savait plus quelle attitude prendre.

Parfois, elle rencontrait le sourire franc de celui qui se trouvait assis en face d’elle et gênée, elle s’en prenait au verre de cognac qui tombait à pic pour occuper ses mains.

De son majeur, elle se surprenait de nouveau, à suivre le contour de celui-ci, dans un sens et puis dans l’autre avec application, se donnant ainsi une contenance.

Le goût de ce breuvage à mesure qu’elle buvait par petites gorgées n’était pas si mauvais. Elle ne détestait pas. Cette potion magique avait fait s’envoler toutes ses craintes.

Geneviève se sentait incroyablement légère. Elle osa même soutenir davantage les yeux bienveillants de Bob. Confiante et rassurée, elle s’appuya au dossier de la banquette et ferma les siens en soupirant d’aise.

Cinq bonnes minutes s’écoulèrent sans qu’il ne se passe plus rien entre eux. Bob s'efforça à s’arracher de sa contemplation.

Il appela le garçon, paya puis, invita Geneviève à mettre son imperméable avant de sortir de cet espace sécurisant qu’était le grand café de la place Gambetta.

- Nous allons prendre ma voiture. Je vais vous ramener chez vous. N’ayez pas peur! S’il est là, je ne vous laisserai pas seule! S’il est violent, vous ne dormirez pas dans cet endroit. Je vous conduirai dans un hôtel de ma connaissance et je viendrai vous rechercher demain matin pour vous conduire à votre travail.

- Mais il me faut des vêtements! Je ne peux pas me présenter au salon dans cette tenue! Il me faut du linge propre! Comment vais-je faire s’il m’empêche de prendre ce dont j’ai besoin?

- Nous déciderons le moment venu! Ne vous inquiétez pas!

- Mais!…

- Chut! Petite fille! Je prends les choses en mains! Laissez-vous conduire!

Geneviève rougit et se tut…

A suivre...  

 

 

 

 


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Dernière mise à jour de cette page le 05/12/2009