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Autant en emporte la vie
La rencontre
Chapitre - 4 -
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Elle en était très fière et tout ce qu’elle gagnait, constituait ses économies pour espérer un jour pouvoir sortir des griffes de son mari violeur et violent. Quant à son bébé, elle ne pouvait se permettre de lui faire subir l’insécurité d’un couple qui, mal assorti, se déchirait sans cesse. Elle avait besoin d’être libre de ses mouvements pour mieux réussir le plan qu’elle avait soigneusement élaboré pour donner l’illusion à son mari qu’elle n’aimait pas son enfant. Elle ne voulait surtout pas démentir l’impression qu’elle lui avait donnée: - Au début, c’était vrai! Je n’aimais pas ma petite fille ou plutôt, il me semblait que ce bébé allait me forcer à me rappeler sans cesse l’acte dégoûtant dont j’avais été victime une fois de plus. Je n’étais pas prête pour être une bonne mère! Je ne voulais pas être mère! Pas encore! Cela m’était insupportable et au dessus de mes forces! Mes parents, enfin ma mère, surtout ma mère car mon père, lui, n’en parlons même pas, avaient combinés mon mariage avec le père du fils Cadoret pour des raisons de patrimoines à sauvegarder. Tout se décidait sans que mon père,trop mou pou réagir, n'ait son mot à dire. Le mariage fût organisé par elle et mon beau-père. Ma belle-mère, femme effacée, soumise, elle aussi, à son rustre de mari, n’avait pas non plus donné son avis. Papa avait quand même bien faiblement essayé d’émettre une objection! Mais peine perdue! Le mariage eut lieu à la date prévue, sans espoir de le voir s’annuler! Je me suis rebellée bien sûr! Mais un matin, je me suis retrouvée enfermée à double tour dans ma chambre. Ce régime dura jusqu’à ce que je donne une réponse favorable, conforme aux attentes de ma mère et de mon futur beau-père. N'ayant jamais fait preuve de tendresse, ma mère me faisait peur. J’ai toujours eu peur d’elle; pourtant, je lui ai résisté petite et je lui résiste encore plus que jamais! Je me demande même si ce n'est pas de la haine que je ressent pour elle? Être mariée me donne des droits que je ne suis pas prête d’abandonner! Mais d’un autre côté, ce mariage m’a ensevelit vivante! Bob prit la main que Geneviève avait posée sur la table à côté de son verre presque plein. Après avoir ingurgité avec une certaine méfiance plusieurs gorgées de ce breuvage sulfureux et pour se donner une contenance, elle avala de nouveau le liquide qui lui donnait chaud de la tête aux pieds; mais cette fois, avec un peu plus d’assurance, se délectant même de cet alcool à la chaude coloration dans lequel se reflétaient et dansaient les lumières de la salle bourrée de consommateurs. N’ayant pas l’habitude de boire, Geneviève eut quelques petits gloussements en apercevant, à travers le verre cristallin les gens qui allaient et venaient et Bob dont la figure n’était plus tout à fait la même. Il la regardait, amusé. Elle se lâcha soudain et rit de bon cœur, constatant que le verre déformait les faciès des clients attablés ou accoudés au comptoir. Euphorique, elle jouait avec son verre comme avec une loupe, puis le reposait. Ses longues mains fines et blanches appréciaient le touché du verre. Elle le caressait, jouait avec et trempant son majeur dans le liquide, elle le passa sur le rebords du verre comme pour en sortir un son mélodieux. Elle rêvassait, laissant au jeune homme le soin d’alimenter la conversation...
A suivre...
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