Autant en emporte la vie - Chez Orial - Chapitre -3 - page -5-

  

 

Autant en emporte la vie

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Chez Orial

  

Chapitre -3-

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Page -5-

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Elle entreprit de stopper net le conflit qu'elle sentait monter en mayonnaise. Sans même faire cas de Robert qui continuait de baragouiner tout seul, elle passa devant lui, le frôlant, légèrement, laissant derrière elle des effluves parfumées, ce qui  avait le don d'énerver passablement Robert, puis  elle disparut dans la chambre dont elle  verrouilla soigneusement la porte à double tour. 

Elle se fichait  pas mal de lui et le considérait  ouvertement comme quantité négligeable. Il le ressentait dans tous ses gestes, ses attitudes, les réflexions qu'elles lui lançait. Geneviève décida de se coucher jusqu'à ce que Robert se lasse de tambouriner à la porte tout en l'insultant. Même les menace de défoncer celle-ci n'intimidaient plus la jeune femme. Elle savait trop bien ce qui l'attendait si elle cédait!

Comme aucun son ne parvenait de la pièce ou son mari se tenait, elle présuma qu'il s'était lassé. En effet,  sachant qu'elle ne céderait pas Robert, pour éviter ses pulsions de violences qui dégénéraient souvent en abus sexuelles sachant très bien qu'elle se refuserait à lui, encore plus s'il la forçait à se donner comme l'exigeait son devoir conjugale, (Eh! Oui!... A cette époque d'après guerre, et même encore longtemps  après, les femmes n'avaient pas leurs mots à dire quant à l'autorité de leur seigneur et maître! Leur mari avait tous les droits sur elles, au même titre qu'un meuble  d'un chien ou un cheval! Dès l'instant ou elles étaient mariés, elles devenaient la propriété  pleine et entière de leurs époux et devaient se plier corps et âme à leurs volontés. Si le conjoint était doux, agréable et amoureux, tout allait pour le mieux; mais s'il s'avérait que l'homme fut une brute épaisse, alors là, la pauvresse subissait les pires sévices et les coups pleuvaient  abondamment quand ce n'était pas les tortures et le fouet! Les marmots naissaient les uns après les autres. Pas le temps de reprendre son souffle, que déjà une autre naissance non désirée s'annonçait. Il fallait contenter "MONSIEUR!" au lit... A peine les bambins savaient-ils marcher, qu'ils couraient dans tous les sens et pour surveiller toute cette marmaille, les femmes se tuaient à la tâche. N'en pouvant plus, elles se révoltèrent et descendirent dans la rue pour se faire entendre. Ce fût la naissance du féminisme et des suffragettes afin de défendre leurs droits, de faire abolir cette loi stupide de la suprématie de hommes sur les femmes qui n'avait plus lieu d'être appliquée. les femmes ne voulaient plus être considérées comme faisant partit du patrimoine de l'homme une fois mariée. Elle voulaient aussi d'obtenir le droit de vote: ce qu'elles trouvaient légitime). De nos jours, certains hommes ne se privent pas d'exercer, une fois mariés ou en concubinage, leur autorité et leur despotisme sur des femmes amoureuses et faibles de caractère.)

Donc, disais-je, au bout d'un bon quart d'heure, Geneviève perçu le bruit de la porte d'entrée qui, en claquant, lui indiquait que son mari venait de s'en aller. Elle attendit un peu: plus un bruit. Pas même la moto qui, d'habitude, pétaradait  en démarrant,  la prévenant ainsi du  réel départ de son forcené de mari, était muette? A force de tendre l'oreille elle fut prise de torpeur: le sommeil se faisait sentir. La peur de se lever, d'ouvrir la porte de la chambre et de se retrouver nez à nez avec lui se réjouissant de lui avoir joué un bon tour,  la terrorisait. Geneviève n'en prit pas le risque et s'endormit comme une souche...

 

La jeune femme réussit quand même à dissimuler ses activités à Robert pendant plus d’un an: quatorze mois où elle vécut entre la joie d'exercer le métier qui lui plaisait et l’angoisse d’être découverte un de ces soirs pas comme les autres.

Il suffisait d'un tout petit grain de sable pour enrayer les rouages de son plan si bien rodé. Elle le savait! Sa vie se déroulait entre deux pôles carrément opposés: son métier qu’elle adorait et ce mariage  qu'elle ne supportait plus. Les disputes continuelles d’où fusaient, de part et d’autre, des insultes qui, de fil en aiguille, aiguisaient la colère de Robert parce qu'elle ne cédait pas un pouce de terrain, la fatiguaient.

Les menaces qu'il proférait à son encontre, Geneviève n'en n’avait que faire. Lorsque l’atmosphère plus  qu'orageuse atteignait son paroxysme, les coups commençaient à pleuvoir de tous côtés.

La jeune femme esquivait ou n’esquivait pas; mais elle arrivait toujours, d’une manière ou d’une autre, à fausser compagnie à son mari. Combien d’efforts pour changer Robert avait-il essayé de faire, dans l’espoir de voir sa femme rendre les armes et lui faire admettre son point de vue! Nul besoin de lister les jours et les nuits où Geneviève avait dû argumenter pour simplement avoir un droit de refus sur les exigences de son mari! Les tentatives de persuasions mutuelles restaient vaines.

Un dialogue de "sourds" s’était progressivement établit entre eux car ni l’un ni l’autre ne songeait à céder!!

A bout de patience, les deux protagonistes devaient bien souvent se défendre devant la nécessité de se protéger car la jeune femme, enhardit par l'ardent besoin de sa liberté, savait se défendre! Lors de ces confrontations orageuses, tout ce que les doigts de Geneviève rencontraient sur leur passage faisait l’affaire! La nuit de ces tornades dévastatrices voyait apparaître un paysage de désolation pour qui aurait pu être spectateur.

En prévision de ces ouragans, Geneviève avait pris l’habitude d’être armée. Aussi, prenait-elle soin de dissimuler sur elle ou sous le traversin du lit conjugal, un rasoir à main: le même que Robert, de peur que son mari ne veuille encore abuser d’elle.

Geneviève, moins innocente que le jour de son mariage apprit ainsi, mois après mois, à encaisser les brutalités de son mari, nourrissant à son égard, à mesure que le temps passait, une haine sans borne qui devait inexorablement la conduire à une vengeance mûrement réfléchie et destructrice...

Dégoûté, découragé devant la résistance et l’obstination de sa femme, Robert avait pris l’habitude de se réfugier au bougnat, lieu où la poussière de charbon recouvrait tout ce qui pouvait l'être.

C’était l’endroit favori des ivrognes du quartier. Là, torturé par les remords, mais aussi pour oublier ne serait-ce que quelques heures ce que son mariage était devenu, Robert buvait...

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A suivre...

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 22/10/2009