Autant en emporte la vie - Chez Orial - Chapitre -3 - page -4-

 

 

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Chez Orial

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Chapitre -3-

Page -4-

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- Cela me sortirait de ce quartier pourrit, de tes parents, ainsi que ma chère mère qui ne seraient plus sur mon dos! Ce serait quand même mieux! Tiens! Aujourd’hui, après mes recherches d’emploi, j’ai visité un petit meublé tout neuf: trois pièces cuisine, W-C, salle de bain avec une vraie baignoire et de la faïence partout! Il y avait de jolis rideaux aux fenêtres et de belles tentures en velours de gêne! Des embrases avec des pompons tenaient en place les doubles rideaux de velours de gêne. C’était magnifique! Il est situé près de la Madeleine! C’est très beau! Tu ne peux pas te rendre compte à quel point, en attendant notre divorce, comme je m'y  sentirais bien!  Et puis, tu devrais vendre le garage, donner leur part à tes parents, et trouver un autre meublé pour toi tout seul. Tu y serais mieux que dans ce trou à ras!... 

Robert, Abasourdit par ce flot ininterrompus de paroles, ne savait plus ou il en était. Il restait là, les bras ballants, se demandant si c’était du lard ou du cochon. Les mots que sa femme venait de prononcer tournoyer dans sa tête et l’empêchait de réfléchir.

Geneviève savait qu’en s'acharnant  sur lui, elle gagnerait la partie. Robert, dérouté, ne pensait plus du tout au retard dont elle était coupable et surtout, il n’avait pas découvert le pot aux roses. Elle savait très bien que Robert n’accepterait jamais de s’en aller de sa rue Mirabeau où il connaissait chaque commerçant et où il avait tous ses amis. Ce qu’elle voulait, c’est détourner son attention et elle y avait très bien réussi! En effet, stupéfait de son culot, ramollit par la douche froide qu’elle venait de lui faire prendre, Robert eu bien du mal à rétorquer:

- Où t’as pêché que j’voulais vend’ le garage d’ mon pér?! Y’a eu assez d’mal à faire s’t’affaire qu’elle est maint’nant! J’aime ques’que j’fais! J’ai tous mes copains ici! Les clients m’connaissent et j’habite l’quartier depuis plus d’dix ans! J’ai pas envie d’partir! Et mon pér’ supportait pas qu' j’fasse ça!

Geneviève jubilait intérieurement. Narquoise, Elle lui rétorqua:

- Oh! Toi et ton petit train-train de vie! Il n’y a donc que celà qui compte? Enfin, tant pis. J’aurai quand même essayé de nous sortir de ce trou à ras!

- ce trou à ras, comme tu dis, es’ assez bon pou’ t’nourrir! Et pis ça suffit si non!

- Sinon quoi? Osa encore Geneviève arrogante et téméraire.  

- Ne m’pousse pas à bout! Tu vas prendre une raclée et ça va finir mal! D’abord, occup’ toi de fair’ l'manger: J’ai faim!

Sans se démonter, consciente de ce que sa résistance pouvait déclancher chez son mari, Geneviève en remit une couche:

- Tu as faim? C’est toujours la même chose! Il est onze heures passées et tu veux que je te fasse à manger!

Robert, commençant à bien connaître les provocations de sa femme, pour mettre fin à leur discussion, prit son journal, s’affala dans le vieux fauteuil et se mura dans un silence quasi religieux. Voyant qu’il ne répondait plus à ses invectivassions, Geneviève se dirigea dans la chambre à coucher ou elle entreprit de se déshabiller pour enfiler une tenue plus adéquate. En se repassant l’instant de son arrivée tardive et son mari qui, furieux l’attendait, elle soupira de soulagement. Dans le fond, elle s’en était bien tirée pour cette fois. A l’avenir, elle ferait plus attention. Désormais, elle redoublerait de prudence quant à ses heures de retour. Elle l’avait vraiment échappé belle! Une constatation s’imposait pourtant à elle: Robert n’était pas si futé, après tout!…

Elle continua donc à le titiller pour qu’il s’en aille passer la nuit chez ses parents, ou il voulait; mais qu’il s’en aille. Elle allait et venait en faisant mine de s’affairer à quelques tâches qui ne concernaient qu’elle-même:

- Tu veux que je fasse le repas mais je n’ai plus rien ici. Je n’ai pas fais les courses.

- Tu peux pas me faire deux œufs et des pâtes?

- Y’a pas de pain, ni d’œufs ni de pâtes et je suis occupée. Tu n’as qu’à regarder par toi-même! De toute façon, je n’ai plus faim: l’heure est passée. Je vais me coucher. T’as qu’à te débrouiller seul. Tu en as l’habitude. lui répondit-elle.

Robert se leva de son fauteuil, se dirigea dans la cuisine et maugréa comme pour lui-même:

- T’es qu’une chienne. Tu l’ fais exprès et moi, comme un con, je m’ laisse faire! T’es qu’une roulure. Sal’té de bonne femme… J’en ai marre… Tu vas y passer un jour… J’vais t’cogner et t’faire comprendr’ qu’ c’est moi l’maître!…

Il prit la boîte en fer où l’argent du ménage était rangé, ce qui fît intérieurement râler Geneviève. « Et s'il prenait tout? » Oh! Et puis elle s'en fichait: elle avait son propre argent et il ne le savait pas. Il se servit et décida de ficher le camp pendant qu’il en était encore temps. Il sentait la moutarde  lui monter au nez et trop habitué aux coups bas de Geneviève, il ne voulait pas finir au poste pour la nuit.

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A suivre...

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Commentaire (1)

1. L'auteur inconnu Le 18/11/2009 à 17:38

L'histoire est exellente. Sauf que la facon qu'est fait la transiton des chapitres, peut porter à confusion. A par cela, je ne peu dire que bravo, que je suivrais jusqu'à la fin, l'histoire de Genvièvre.
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Dernière mise à jour de cette page le 07/10/2009