Autant en emporte la vie - Chez Orial - Chapitre -3- page - 11 -

 

 

 

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Autant en emporte la vie

 

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Chapitre - 3 -

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 Chez Orial 

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Dans le grand miroir piqué qui trônait au-dessus de la cheminée de vieux marbre de la chambre, elle aperçut son reflet. Un court instant, elle stationna devant la glace. Ses formes la dégoûtaient. Elle se désintéressa de son apparence et, d’un geste mécanique, elle entreprit de ramasser sur le sol de la chambre ce qu’il restait de ses effets personnels qu’elle jeta à la poubelle. Choquée, elle avait du mal à rassembler ses idées. Machinalement, elle prit entre ses doigts tremblants le rasoir à main de son mari, l’ouvrit et le tenant dans sa paume bien serrée, elle le fixa comme hypnotisée par la lame qui brillait, partagée entre l’envie d’en finir et celle de le tuer. Il ne fallait plus que son mari puisse recommencer! Geneviève décida d’acheter le même rasoir afin de ne plus être sans arme lorsque le besoin s’en ferait sentir. Elle referma le rasoir et le cacha sous son oreiller. Elle se souvînt que la porte n’était pas bloquée. Avec difficultés, elle alla jusqu’à l’entrée, mis une chaise devant sa  porte! ( A cette époque là, Il n’y avait pas de poignée aux serrures: seulement une tirette sur le côté droit ou gauche que l’on poussait, faisait office de fermeture en plus de la clef, bien sûr). Après tous ses efforts, arassée, Geneviève se laissa choir sur son lit, se recroquevilla en position foetale pour s’endormir. La lampe de chevet resta allumée toute la nuit...

Six heures sonnaient à l’horloge de l’église, lorsque Geneviève ouvrit les yeux. Sa tête bourdonnait et lui semblait en feu. Sa chute y était pour quelque chose; mais les élancements, surtout à la hauteur de son œil et de sa tempe gauche étaient le plus inquiétant. L’œuvre de son monstre de mari l‘avait bien amochée! A la pensée de ce qu’elle avait du subir pendant son évanouissement lui donna la nausée. Cela accentuaient encore plus la sensation de vertige qu’elle avait ressenti avant de s’endormir tout à l’heure. En tournant légèrement sa tête du côté gauche du lit, il lui revint en mémoire toute la scène de la veille au soir dans ses moindres détails jusqu'à sa perte de connaissance, des larmes envahirent ses yeux. Elle constata que Robert était absent. Soulagée, elle se leva, porta la main à son visage. Elle devait certainement être marquée. En titubant, Geneviève se dirigea droit vers le lavabo, s’examina dans la glace: L’œil présentait une vilaine couleur ainsi que sa tempe tuméfiée. Elle chercha deux aspirines qu’elle avala d’une gorgée d’eau. Elle se souvint que la porte du vestibule qu’elle n’avait certainement pas fermée à clef après le départ de son mari. Elle s’en alla vérifier. Elle l’avait bloqué et ne s’en souvenait pas. Rassurée, elle se remit au lit. Le jour pointait à peine. Geneviève se dit que son mari ne rentrerait pas de si tôt. Cela eut pour effet de la tranquilliser. Les cachets commençant à faire leur effet, un sommeil libérateur s’empara de tout son être, la rendant incapable de remuer même le petit doigt. Elle se laissa aller et perdit jusqu'à la notion du lieu où elle se trouvait...

A suivre...

 

 


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Dernière mise à jour de cette page le 22/10/2009